Recalé du Team Vaud, le jeune de 21 ans retrouve ses sensations depuis son arrivée au SLO en 2017. Avec la découverte de la Challenge League, le lion est déterminé à franchir un palier.

Son propre retour au premier plan, Lavdrim Hajrulahu ne l’avait pas vu venir. Quand le jeune défenseur débarque en janvier 2017 à Samaranch chez le néopromu qu’est le FC Stade Lausanne Ouchy, il sort en effet d’une période plus compliquée dans le centre de formation de Team Vaud. La première de sa jeune carrière, en fait. «J’étais arrivé au Team en M-13, et la plupart du temps, j’étais capitaine de l’équipe dans laquelle j’évoluais, raconte Lavdrim Hajrulahu. Une fois en M-21, j’ai eu une petite blessure à la cheville, et à mon retour les matchs se sont enchaînés sans qu’on ne me redonne ma chance. Connaissant déjà Andrea Binotto qui m’avait eu en M-14 et qui avait été mon prof de maths, j’ai accepté sa proposition.»

Après un temps d’acclimatation, le gamin trouve peu à peu sa place dans le groupe et sur le terrain. «A la base, je venais pour me remettre dans le bain et retrouver mes sensations. Et puis pour me reprouver des choses, car je restais sur un échec en M-21, raconte «Lav». Au fil du temps, j’ai enchaîné les matchs en Promotion League, avec à mes côtés Fabian Geiser, capitaine à l’époque et défenseur d’expérience, qui m’a beaucoup aidé à prendre mes marques. Cette année avec Jeremy Manière et Chris Mfuyi c’est un peu pareil. Ils ont connu le plus haut niveau et ce championnat. Ils m’apprennent énormément, c’est bien plus facile pour moi de m’adapter à la ligue.»

Pourtant, la saison 2019-2020 n’a pas commencé de la meilleur des manières pour le numéro 5 des Lions de Lausanne. Ainsi, lors de sa première titularisation face à Winthertur (deuxième journée de championnat), il se blesse après trente minutes de jeu seulement. «Je n’avais pas encore de rythme dans les jambes, analyse-t-il. Je me suis déchiré l’adducteur et j’ai forcé une demi-heure, avant de me rendre compte que ca ne servait à rien.» Conséquence ? Un arrêt forcé de deux mois, avant de retrouver le chemin des prés. Et une première titularisation en huitièmes de finale, contre le FC Bâle. «Face à un tel monument, c’était le retour rêvé, sourit Lavdrim, auteur ce jour-là d’une belle prestation. Ca a relancé ma saison. Ce qui fait vraiment plaisir, c’est de jouer Bâle et GC, deux des plus grands clubs de Suisse en à peine un mois.»

«Techniquement, il est très à l’aise, il a une grosse qualité de relance, accompagnée d’une excellente vision de jeu. quand on voit qu’il a été rejeté du Team Vaud, on se dit qu’il fait partie des quelques erreurs.»

Car depuis ce match de coupe, le défenseur central a décroché trois titularisations, pour son plus grand bonheur. Et ce n’est pas volé, tant le joueur possède de sacrées qualités. Marcos Carballo, entraîneur assistant du FC Stade Lausanne Ouchy depuis cet été, le connaît bien pour l’avoir coaché deux ans en M-14 et en M-15 à Team Vaud. «Le hasard fait bien les choses, sourit ce dernier. Lavdrim a beaucoup évolué depuis cette période, mais ses points forts sont restés les mêmes. Techniquement, il est très à l’aise, il a une grosse qualité de relance, accompagnée d’une excellente vision de jeu. Les compartiments dans lesquels il peut encore s’améliorer, c’est l’impact physique, la dureté dans les duels. Mais il a déjà beaucoup progressé. Et quand on voit qu’il a été rejeté du Team Vaud, on se dit qu’il fait partie des quelques erreurs.»

Un joueur posé

Loin de s’attarder sur le passé, le joueur du SLO se contente de profiter de ce qui lui arrive. Et de contempler l’avenir droit dans les yeux. «Pour moi en tant que jeune, être dans un club comme Stade Lausanne Ouchy est idéal. Ça me permet de découvrir la Challenge League et de prouver que je peux jouer à ce niveau. Et peut-être même plus haut, qui sait?»

C’est ce que pense Christopher Mfuyi, coéquipier bienveillant. «Je suis surpris en bien de Lavdrim. Je ne le connaissais pas en arrivant cet été, mais je l’ai découvert avec plaisir et j’ai eu la chance de composer la charnière centrale avec lui ces dernières rencontres. Il a beau être jeune, il est extrêmement mature dans sa personnalité et ça se ressent sur le terrain. Il a de la qualité et dégage de la sérénité. Je lui souhaite un superbe avenir…»

Des propos qui résument parfaitement l’état d’esprit qui règne dans les rangs des Lions. Et qui réjouit Lavdrim Hajrulahu. «L’ambiance de groupe est superbe. Je l’ai tout de suite vu en arrivant. Ceux qui ont joué plus haut respectent les autres, tout le monde est à la même hauteur. Malgré les résultats négatifs, on ne s’est pas abandonnés et on est resté soudés. Cette victoire dimanche devant les 2700 fans de Winterthur le montre bien. Il nous reste maintenant Schaffhouse samedi, un match hyper important. On les a déjà battus chez eux, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas le faire chez nous.»