La “Deux”, ce trait d’union entre formation et haut niveau

Dans l’ombre de la première équipe, Stade-Lausanne-Ouchy II fait son chemin en deuxième ligue vaudoise. Avec comme objectif d’accompagner les jeunes du club jusque dans la cour des grands.

Lorsque l’on évoque le Stade-Lausanne-Ouchy, on pense forcément à son important mouvement junior ainsi qu’à son équipe fanion en Challenge League. Pour assurer la transition entre les deux, la deuxième équipe, évoluant en 2e ligue, occupe un rôle primordial au sein du club. «On sert de plateforme pour le secteur junior. Les meilleurs joueurs peuvent accéder à cette seconde équipe pour ensuite, éventuellement, être projetés en première équipe» explique Simon Fabbri, l’entraîneur de cette formation. Par le passé, les joueurs les plus méritants de la Deux pouvaient aller s’entraîner avec la troupe de Binotto. Mais depuis cet été, cette dernière doit s’adapter au championnat de Challenge League et, exception faite de José Moreira (19 ans), 3e gardien de l’effectif pro mais titulaire entre les montants en 2e ligue, il n’y a plus d’échanges entre les deux formations. «Aujourd’hui, on fait face à un trop grand écart entre la Challenge League et la 2e ligue régionale. Pour que le projet aboutisse, il faut que cet écart soit réduit» analyse le coach de la Deux, qui précise que l’objectif serait d’obtenir une promotion dans les 2 à 3 ans.

Une équipe qui joue au ballon

Pour ce faire, le SLO peut se reposer sur des bases solides avec un secteur de formation qui inculque à ses jeunes une bonne philosophie de jeu. «A Stade, on sait jouer au ballon. Il y a un niveau technique plus élevé que la moyenne, grâce notamment à un bon travail de coordination effectué chez les juniors» affirme Simon Fabbri, qui poursuit en disant que des pistes d’amélioration se trouvent surtout au niveau de l’efficacité, problématique importante lorsque l’on évolue en 2e ligue et que le résultat final a donc une plus grande importance qu’en junior. Une lacune qui peut s’expliquer par un effectif très jeune (moins de 20 ans de moyenne d’âge), comme le confirme Johannes Schwab, capitaine de cette équipe «On est parfois naïfs. On est jeunes et on veut tout le temps faire tout bien, alors que parfois on devrait juste balancer le ballon devant.»
Le latéral droit de 21 ans connaît bien la maison. Il a fait ses premiers pas en tant que joueur avec l’école de foot du SLO. Désormais leader de la Deux et de son effectif composé en très grande majorité de jeunes ayant répété leurs gammes du côté de Vidy, il reconnaît la progression de cette équipe «L’effectif s’est beaucoup rajeuni et on reste fidèle à notre philosophie de jeu. Cette saison, on évolue positivement». Actuellement en train de réaliser un master en finances à l’EPFL, il reste néanmoins très investi dans le foot et il voit le brassard de capitaine comme une récompense pour sa fidélité et son ancienneté au club «J’ai toujours été là, je pense pas avoir raté beaucoup d’entraînements depuis que je suis au club ! J’ai aussi été entraîneur à l’école de foot, avec les juniors F et E.» Un engagement qui en dit long sur les valeurs familiales du club. «Dans la 2 on est aussi une bande de potes, ça amène encore plus de plaisir à venir jouer» poursuit Johannes.

«a la 2, on est aussi une bande de potes, et on prend encore plus de plaisir à venir jouer ensemble»

Une cohésion vouée à être encore plus renforcée. Pour responsabiliser encore plus leurs joueurs, Simon Fabbri et son assistant Igor Pancera souhaitent leur donner des missions à effectuer en dehors des terrains, comme l’organisation de repas de soutien ou de tournois de foot. «Certains de nos joueurs n’ont que 17 ans, ils ne sont même pas majeurs ! Responsabiliser des jeunes n’est pas simple. Igor Pancera et moi sommes très rigoureux. Stade-Lausanne Ouchy c’est un esprit familial, c’est plus qu’un club et donc on exige que des choses soient faites en dehors du foot» explique celui qui a une formation d’éducateur social. Des responsabilités qui, à terme, devraient souder encore plus l’équipe et permettre de cultiver encore plus la culture de la gagne parmi l’effectif. Une transition entre les juniors et les adultes, une fougue à responsabiliser, du talent à exploiter: la mission est grande pour Simon Fabbri et sa troupe. Mais la Deux du Stade-Lausanne-Ouchy est sur le bon chemin !