Retrouvailles avec Perrier, l’Aarauseur arrosé

Ce samedi, le club du FC Aarau retrouvera Michaël Perrier, qui y a passé trois saisons et demie avant d’atterrir au FC SLO. Humble et travailleur, le milieu de terrain se confie à l’aube d’un match forcément spécial pour lui.

 À 30 ans, Michaël Perrier a beau compter une solide d’expérience de footballeur, la lassitude ne fait pas partie de son vocabulaire pour autant. «Jouer des rencontres comme celle de mercredi contre Bâle, c’est extraordinaire. Alors, pouvoir le faire à mon âge… Je savoure ces moments! Ça ne changera pas mon parcours de faire 90 minutes à chaque match, je ne vais pas tirer la gueule si je ne joue pas. En revanche, je sens qu’il y a encore le feu en moi et que je saisirais toute opportunité d’apporter à mon club et à ceux qui me font confiance.»

La loyauté de Michael Perrier n’est pas feinte, et sa carrière suffit à le prouver. Les derniers à en avoir profité se retrouveront sur le chemin du Valaisan ce samedi à Colovray. Et forcément, l’affiche aura une saveur particulière. «J’y ai passé trois ans et demi, c’est quelque chose qui reste… En plus, Aarau a peu changé. Ce sera spécial pour moi et j’aurais probablement des énergies différentes pendant ces 90 minutes, plus fortes encore que lors des autres matchs.»

Le schuss dans les veines

Spécial, le parcours de Michaël Perrier l’a été dès son enfance. Le Valaisan quitte alors son canton d’origine pour le Tessin, où il grandit et nourrit une passion sportive… pour le ski! «Jusqu’à mes 14 ans, je rêvais plus de me retrouver sur les pistes que sur les terrains de foot», révèle le milieu de son accent chantant. C’est finalement au FC Lugano qu’il fait ses preuves, mais c’est un peu par hasard. «Mon meilleur ami y jouait et m’a conseillé de venir faire un test. Je me suis lancé, j’y suis allé, et ils m’ont gardé! J’ai grimpé les échelons en sections jeunes du Team Ticino pour arriver ensuite à la première équipe du FC Lugano», raconte Michaël Perrier.

Malgré un contrat signé avec le FC Gênes, dont le président avait racheté Lugano, le joueur évolue finalement uniquement sous les couleurs du club du Cornaredo, cinq saisons au total. Il ne quitte pas le Tessin pour autant, jouant deux ans à Chiasso et un à Bellinzone. Avant de revenir au pays valaisan. «Sion, c’est un peu le pic de mon parcours, avec notamment la victoire en Coupe de Suisse en 2015, se souvient-il. Après ça, je n’entrais plus trop dans les plans du club, qui a préféré donner la place à des jeunes qui arrivaient.» 

«Dès le départ, j’ai été clair: je n’arrivais pas pour perturber l’équilibre d’une équipe qui gagnait. Je crois que ça a été le cas, je me suis mis à disposition du collectif. Le coach me fait jouer lorsqu’il le juge nécessaire et j’essaie d’apporter en retour mon expérience et de donner le maximum sur le terrain»

Michaël Perrier se retrouve alors à Aarau, attiré par le directeur sportif Raimondo Ponte, figure quasi paternelle pour le joueur. «Il m’avait entraîné en juniors au Team Ticino, c’était le choix le plus naturel pour moi. J’ai bien fait, car j’ai beaucoup appris là-bas, en tant que footballeur, mais aussi comme personne. C’était un peu la première fois que je sortais de mon cocon familial. Il y a eu des moments vraiment difficiles, mais j’ai persévéré.» Il évolue trois saisons et demie dans le club argovien et conserve encore aujourd’hui des relations fortes avec certains joueurs.

Le collectif avant tout

Au début de l’année 2019, Michaël Perrier débarque à Samaranch, alors que le FC SLO est le leader incontesté de Promotion League au terme d’un premier tour tonitruant. «Dès le départ, j’ai été clair: je n’arrivais pas pour perturber l’équilibre d’une équipe qui gagnait, raconte le numéro 26. Je crois que ça a été le cas, je me suis mis à disposition du collectif et j’ai tenu à ne pas enfiler des bâtons dans les roues de qui que ce soit. Le coach m’a accueilli les bras ouverts, il me fait jouer lorsqu’il le juge nécessaire et j’essaie d’apporter en retour mon expérience, de donner le maximum sur le terrain», déclare le frais trentenaire avec toute l’humilité qui le caractérise. 

À 30 ans, l’homme a déjà eu plusieurs vies. Et celle qu’il vit en ce moment au bord du Léman n’est pas pour lui déplaire. «C’est une des meilleures atmosphères de vestiaire que j’ai pu connaître dans ma carrière, confie-t-il en souriant. Je suis franchement content d’être ici, je me sens bien dans l’équipe et n’ai qu’une envie, faire le maximum pour l’aider à progresser.»